Dgino Cantin
artiste en arts visuels
Projets CV Pratique

Les Bûcherons de l'impossible avec Charles Guilbert
Extraits des textes de Dgino Cantin

 
Mon corps est une planète
De part et d'autre
Les bûcherons de l'impossible (publication Sagamie) avec Charles Guilbert
Dessins Rapides
Les Manipulations
Les Portatifs (mise en contexte)
L'Émoi des braises
Chaque instant depuis cette chaise est un pas vers toi avec Jean-Philippe Roy
Hirondelles à main et autres petits objets
Éclats
Sauvageries habituelles
Les Intérieurs apprivoisés
Manif d'art 3 Cynique?
Cette Confortable patience
La Coiffeuse
Pour la suite des choses
 
 
 
 
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Qui n’es-tu pas?

Celui qui, la gueule fendue d’un large sourire, ne demande rien, heureux de tout. Non plus l’autre, aux mots rapides, à la verve serpentine, langue verte, serpent coulant quand il fait chaud. Ni celui qui sait aiguiser les couteaux quand tombe le spleen pour distraire les enfants. Encore moins le dissident, que je chérirais pourtant d’une amitié silencieuse et grave. Ni celui que j’aime, je ne suis pas celui que j’aime.

 

   

Es-tu sensible au poids des vêtements?

Je suis heureux de ne pas être seul à me préoccuper du poids des choses. Quelquefois, la nuit, je me réveille pour replacer les couvertures. Je n’aime pas qu’elles pèsent trop sur certaines parties de mon corps, je préfère qu’elles soient uniformément réparties. Je déteste sentir leur poids à l’extérieur du lit, qui glisse sur le sol, se répand ailleurs, m’échappe.

J’ai longtemps porté un manteau lourd. Une corvette aux boutons de bois qui m’accablait. Elle me courbait le dos, me donnait des soucis.

Maintenant, je choisis mes vêtements avant de me coucher, en fonction du type de lendemain que je redoute. Lorsque je crains d’avoir à bouger, à lever des charges, à rencontrer des gens, je choisis une chemise légère ou un t-shirt aux couleurs qui étonnent. Pour d’autres types d`appréhension, il me faut porter des vêtements lourds, des hauberts, des hausse-cols, des armures de tricot, des habits de feutre.

   

D’où préfères-tu suer?

Nous nous rejoindrons une nuit en cachette. Il fera chaud, ce sera l’été. Un rendez-vous clandestin dans les fentes du concret, les planches de notre refuge. Nous nous dirons des mots inventés, semblant provenir d’un passé commun. Nous parlerons de lui : il est sensible aux poids des vêtements comme nous, il sait jongler avec des couteaux, son corps est un fil tendu.

Bien sûr, nous devrons nous quitter. Entre ma lèvre supérieure et mon nez, une subtile rosée. Pleine de ce souvenir inventé, ma sueur se posera en un fin pétale sur ta joue.